ENJEUX ÉCOLOGIQUES
ET ÉCONOMIQUES

Le collectif TOUCHE PAS A MA FORÊT s'est constitué pour refuser le projet de méga-scierie d'une multinationale italienne privée à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) qui concerne la mise à mal de l'ensemble forestier du massif Pyrénéen. Il s'agit d'un collectif de citoyens, d'associations, de professionnels de la forêt, de syndicats, de formations politiques, qui ont à coeur de défendre les écosystèmes forestiers. 


Le collectif mène un travail d'analyse et de décryptage de ce projet industriel, actuellement porté par le Conseil Communautaire du Plateau de Lannemezan. L'objectif est de contribuer à élaborer un projet alternatif pour la filière Bois qui optimise les apports sociaux, écologiques et économiques, pour le bien de tous, aujourd'hui et demain.

L'argent public financerait de 40 à 60 % le projet de méga-scierie qui risquerait la surexploitation du massif Pyrénéen. L’équivalent de 2500 stades de foot par an, pendant 15 ans, de forêt qui serait durement appauvrit. La mise à mal de notre patrimoine, de notre économie.

Un projet coûteux et inutile, jugé inaptes par les professionnels de la foresterie et de la filière bois. L’Office National des Forêt annonce un échec du projet et du gaspillage d’argent public.

 

Absence d’étude d’impact du projet (économique et environnementale), mise en péril de la multifonctionnalité de la forêt, qui est la philosophie de la gestion à la française. La méga-scierie serait meurtrière pour les scieries pyrénéennes.

CHIFFRES & ARGUMENTS​

Le bois, une ressource renouvelable, pas inépuisable. Le concept de neutralité carbone est dénoncé par un nombre croissant de membres de la communauté scientifique car il faut jusqu'à plusieurs centaines d’années pour compenser cette émission. C’est ce qui est appelé : la dette carbone.

 

UN PROJET MAUVAIS POUR LE CLIMAT

L’urgence climatique nous impose de réduire massivement et dès à présent nos émissions. Cela passe notamment par la préservation ou la restauration des puits de carbone naturels terrestres que sont les forêts (naturelles). Les zones forestières en libre évolution comme les vieilles forêts qui contiennent des vieux bois et gros bois constituent un des moyens de stockage du carbone. Ainsi, pour atteindre l’objectif d’atténuation du changement climatique à l’horizon 2050, il est nécessaire de laisser grossir les arbres qui peuvent vivre des centaines d’années pendant lesquelles ils vont stocker du carbone.

De plus, nous savons aujourd’hui que le bois d’oeuvre, produit dans des conditions soutenables pour les écosystèmes forestiers, permet également un stockage et une substitution aux matériaux dont la production est fortement émettrice de carbone atmosphérique.

 

IMPACT SUR LA BIODIVERSITÉ

Les gros bois et très gros bois en forêt (morts et vivants) occupent une place majeure pour le bon fonctionnement des écosystèmes forestiers, la qualité de l’humus et le stockage du carbone dans les sols forestiers. Alors que pour renforcer la richesse écologique des forêts il faudrait laisser grossir des peuplements et conserver du gros bois mort au sol et sur pied, ce sont ces gros bois qui vont être prélevés en priorité pour fournir à l’entreprise Florian la qualité de bois exigée. Or ils sont véritablement déjà trop rares dans les écosystèmes forestiers exploités (source - Rapport Nature en Occitanie et Nature Comminges Mars 2020).

En France, seulement 1,7% des surfaces forestières sont protégées et seulement 0,15 % des forêts présentent une libre évolution. 98 % des forêts sont donc aujourd’hui soit des peuplements artificiels soit des forêts plus ou moins fortement exploité. Il faut laisser plus de forêts en libre évolution pour augmenter les forêts avec une biodiversité naturelle.

 

DESTRUCTION DE L'ÉCONOMIE LOCALE DU BOIS

L’expérience de ces dernières décennies en matière agricole est explicite quant à la disparition des petites structures au profit de grosses exploitations. Les millions d’euros d’argent public mobilisés par l’État et le Conseil Régional Occitanie pour un seul groupe pourraient tout autant servir pour les scieries existantes ou à en créer de nouvelles suivant un nouveau modèle de transformation locale du bois. Une amélioration pour un développement économique intégrant la multifonctionnalité des forêts pyrénéennes.

 

DE L'USAGE DES FINANCES PUBLIQUES

La Région Occitanie a voté (commission permanente du 26 mai 2020) le financement d’études concernant la planification de la production et de la transformation pour l’installation du groupe Florian. Ce financement de 175 000 € est alimenté à hauteur de 65 000 € par la Région et 75 000 € pour l’État. Ces subventions iront à "Lannemezan Bois Energie", dont le président n’est autre que Bernard Plano (maire de Lannemezan, président de la communauté de commune du Plateau). Le projet d’installation de la scierie est estimé à 11 millions d’euros (Chiffres CCPL 13 décembre 2019). Le groupe privé Florian n’apportant que 40 % de cet investissement, les 60% restant étant du financement public. Ainsi, le terrain et la création de l’usine seraient financés par l’argent public, l’entreprise fournissant les machines. Autrement dit, les risques de pertes en cas d’échec seront majoritairement supportés par le contribuable, alors que l’entrepreneur limitera ses pertes, voire encaissera quelques bénéfices. A cela s’ajoute l'investissement public nécessaire pour la création de nouvelles routes forestières, de nouvelles pistes forestières, de nouvelles exploitations par câble. Beaucoup de subventions du Conseil Régional, du département et de l’État qui seront accordées pour l'enrichissement d'un groupe privé.

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LE FANTASME DE L'EMPLOI

Avec un processus industriel très automatisé, Florian emploierait 25 salariés (rapport de 1 salarié pour 2000 m³ de bois scié).

 

Les scieries locales présentent un rapport 10 fois supérieur en matière d’emplois. Il est également fait miroiter la création de 90 emplois forestiers. Depuis plusieurs années déjà, la filière bois manque de travailleurs dans ces métiers pénibles et dangereux (18 morts en France en 2019), ayant recours à une main d’œuvre d’Europe de l’Est, de pays du Maghreb et de la péninsule ibérique, comment argumenter la création d'emploi locaux ?

QUELQUES CHIFFRES...

Les volumes demandés par la méga-scierie sont tels qu’ils vont au-delà du bois disponible. 

Le rapport de l’ONF estime que 45 % de bois en forêt communale n’est pas disponible en raison des difficultés d’accès et de personnel qualifié.

 

La méga-scierie assurerait les besoins d’une « Centrale Cogénération Biomasse » 30 000 tonnes de bois par an pour une production de 2,5 MW d’électricité et 7 MW de chaleur. 9 millions d’euros d’investissement pour 18 emplois salariés.

 

Projet industriel intensif sur 15 ans – une courte durée pour un tels investissement.

Le temps d’appauvrir la forêt, de mettre en péril les scieries locales et repartir.

Le groupe privé prenant peu de risque et peu d’investissement au regard des communes.

 

LA FORÊT, UN ÉCOSYSTÈME FRAGILE

La forêt n’est pas un gisement de profit économique à court terme. Elle est un écosystème fragile et essentiel. Elle abrite la plus grande part de la biodiversité terrestre. Pour remplir cette fonction, il faut protéger les arbres les plus anciens qui abritent des espèces animal et végétal dont 40 % sont menacées d’extinction.

Le rôle «puits carbone» des forêts contribue à ralentir le réchauffement climatique.

Elle est un paysage, assure nos ressources en eau. Le puits carbone influe sur toutes les composantes de l'environnement qui dépendent du climat planétaire. La forêt est un bien commun, indissociable de nos vie, nous défendons ce patrimoine…

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