VISIONS
DE LA FILIÈRE BOIS

AMBITION ALTERNATIVE POUR UN PLAN FORÊT ET USAGE DU BOIS SUR LE MASSIF PYRÉNÉEN.
CONTEXTE ET HISTORIQUE

Le collectif TPMF a constitué en juillet 2020 une commission ambition alternative aux seules fins de travailler une démarche collective qui concilie une approche professionnelle et environnementaliste caractérisée comme éléments d’émancipation et de progrès social, liés à de nouveaux usages du bois pour les différents professionnels des métiers du Bois et de la Forêt, Institutions du massif Pyrénéen en relation avec la filière Bois.

La perspective de TPF se veut novatrice face aux projets et attitudes qui privilégient une vision industrielle et financière de la forêt (Florian), profitant préférentiellement, là-aussi, aux actionnaires plutôt qu’au travail en exportant massivement, par exemple, les grumes locales, les produits bruts et/ou semis finis.

La commission auditionne depuis lors de nombreux professionnels des métiers du Bois et de la Forêt et prend connaissance d’expériences en Occitanie et en périphérie Elle travaille sur une ambition macro-économique lié au massif des Pyrénées, jointe sous forme de cahier des charges qui intègrera des fiches actions. Ce travail est le fruit de très nombreuses réunions de bénévoles regroupant des professionnels des métiers du Bois et de la Forêt et autres citoyens (débardeurs, débusqueurs, forestiers, agents forestiers de l’ONF, bûcherons, scieurs, menuisiers, citoyens, élus….)

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OBJECTIFS

Rendre incontournable la multifonctionnalité des forêts.

Pour ce faire, il convient d’asseoir politiquement l'ONF dans son rôle de gestionnaire public en maintenant son statut public et les postes de travail et métiers nécessaires à une qualité de travail consolidant la neutralité du service public. Il s'agit de stopper la destruction planifiée actuelle en recréant des postes public de forestiers et en revalorisant les missions multifonctionnelles (écologique, d’accueil des citoyens, de protection, de production de bois) , la gestion forestière de long terme, en lien avec tous les principaux Usagers forestiers : propriétaires, citoyens, associations, institution publique d'Etat, région département, communes forestières , les institutions de recherches.

Redéfinir de nouveaux usages du bois.

pour séquestrer du carbone et remplacer le tout pétrole ou composite en ameublement, réduire les matériaux très consommateurs d'énergies fossiles dans le bâtiment par la construction bois. Valider une démarche évolutive de progrès qui intègrera la réponse aux enjeux écologiques, climatiques puis sociaux et économiques. Définir une ambition qui s’ancrera sur la réalité des territoires et des vallées.

Augmenter la part de forêts en libre évolution

en s'appuyant sur les sites de vieilles forêts (et des sites complémentaires) et renforcer la prise en compte de la biodiversité dans la gestion courante des forêts (augmenter de gros bois mort au sol et sur pied, plus de très gros et très très gros bois vivants, respect des périodes sensibles de la vie des espèces (reproduction,...)

DÉMOCRATIE

Aujourd'hui les principales instances publiques décisionnaires en matière d'écologie sont les PETR, le département, la région, l'Etat, le comité de massif, les différents services forestiers (ONF, CRPF, CEN…, etc.) , l’Agence Français de Biodiversité ( AFB) . Il faut donner une place aux habitants, aux associations, aux professionnels.

 

Créer les comités de bassin de la forêt qui seront les instances de concertation pour répondre aux besoins écologiques, sociaux et d’usages du bois en faisant remonter à la Région qui coordonnera avec un comité de bassin pluridisciplinaire.

Les comités de bassin de la forêt identifieront les connaissances et savoirs par vallée avec l’ensemble des acteurs, représenté par des collèges de citoyens, d'élus, de professionnels, d'associatifs, de syndicats…), et définiront collectivement les orientations politiques adaptées à leurs contextes .

ÉCOLOGIE ET BIODIVERSITÉ

Organiser des lieux de rencontres publics pour des séminaires, des temps éducatifs, de sensibilisation, d’informations, de formations sur la biodiversité et le rôle des forêts, (climat, météo, insectes, bactéries, faune et flore) leur histoire notamment sur les Pyrénées…

Replacer le respect du fonctionnement naturel des écosystèmes forestiers au centre de la gestion.

Accompagner les propriétaires publics comme privés sur les questions de biodiversité et la nécessité de préservation des vieilles forêts en libre évolution (actuellement 0.9 % de la surface forestière du Massif Pyrénéen), d'augmenter la part des gros arbres morts au sol et sur pied et des très gros arbres vivants, de favoriser la régénération et sylviculture naturelle respectueuse des écosystèmes forestiers et de la sylvigenèse. Ceci est de nature à répondre aux enjeux d'érosion de biodiversité et de changement climatique (dont la captation de carbone).

Visionner la vidéo : Sage usage de nos forêts: l'approche intégrative.

PROGRÈS SOCIAL

Identifier les revalorisations salariales et de carrières des métiers du bois et de la forêt pour revaloriser ces métiers par une meilleure rémunération de ces travailleurs et un renforcement technique des métiers et formations avec l’AFPA et les GRETA, CFPPA, Lycées.

Evaluer la création de régies publiques de bucherons débusqueurs débardeurs pour former et asseoir ces métiers et consolider des postes de travail dans le milieu rural.

Favoriser la pluriactivité entre l'agro pastoralisme, le tourisme, des métiers de la forêt et de la forêt etc. (sécurisation des parcours emplois formations).

COLLECTIVITÉS PUBLIQUES

Réouvrir et renforcer des sections de formation à la forêt et au bois dans les lycées techniques. Introduire dans les Schémas de cohérence territoriale et dans les trames vertes, le respect de la biodiversité et la séquestration du carbone par des choix politiques assumés en construction bois et mobilier (et en forêt, cf. paragraphe 2), idem pour les plans locaux d'urbanisme intercommunaux et tout document d'urbanisme.

Évaluer la commande publique afin de planifier les volumes et les besoins en définissant des marchés de bois construction et du mobilier.

Renforcer la filière en place et la développer en créant une commande publique qui fera levier sur l’ensemble de la commande et la réponse aux besoins des populations.

Identifier dans un cadre prospectif les projets de sites de construction en bois construction sur tous les PETR.

Identifier aussi les projets de rénovation ainsi que le renouvellement de mobilier.

Ce cadre prospectif sera mis en place pour 5 ans par plan renouvelable.

Articuler les métiers du tourisme en valorisant les naturels communs.

Articuler la promotion des retours d'expériences par un schéma de valorisation et de capitalisation à l’échelle du massif Pyrénéen.

FILIÈRE ET MÉTIERS DU BOIS ET DE LA FORÊT

Identifier et travailler à une modélisation d'une démarche alternative en circuits courts avec les acteurs professionnels concernés sur un bassin de vie.

Remettre en place une sylviculture en gestion de forêt intégrée.

Développer le débusquage/débardage qui respecte les milieux naturels, dont la traction animale.

Identifier les besoins matériels et humains de la filière et quantifier ses besoins pour réaliser les plans d’investissements, (séchoirs, stockage….) Etat, Région, Europe, COFOR.

Travailler avec le CRITT et la recherche sur les technologies du bois et la relocalisation par transfert de technologie, (laine de bois, panneaux d’isolation….)

Promouvoir par des salons par département les métiers du bois et de la forêt , l’écoconstruction et l’ameublement fabriqué dans les Pyrénées.

Réaliser des annuaires par département des professions et des métiers du bois et de la forêt comme l’a effectué le PNR Ariège.

LA GESTION FORESTIÈRE ET LES PRATIQUES DE SYLVICULTURE

La gestion forestière est pratiquée en orientant les forêts via des pratiques sylvicole (coupe de bois et travaux forestiers) pour permettent par exemple d’accueillir du public (ceinture verte de grands villes par ex), sécuriser des phénomènes d'érosion (éboulements, avalanches, dune littorales...), de produire du bois (bois d’oeuvre, bois d’industrie , bois de feu ) , de favoriser la chasse (loisirs) , les études scientifiques (réserve biologique), etc.

Les pratiques classiques de sylviculture s’appuyant sur des régénérations naturelles, (taillis sous futaie, futaie régulière et irrégulière, futaie jardinée, futaie «par pied d’arbre»…) seront à identifier face au modèle industriel (plantation mono spécifique et coupe rase, dessouchage ,travail du sol, amendements, etc.)

Dans tous les cas, gestion et sylviculture, se doivent de respecter en approchant le cycle biologique des écosystèmes forestiers ce qui constitue une gestion multifonctionnelle essayant de trouver un équilibre de toutes ses dimensions.

(Ces réflexions et propositions sont non-définitives et à améliorer.)


 

Visionner la vidéo "À la découverte des bois locaux"réalisée par l'Ostau deu Moble Bearnés (la Maison du meuble béarnais)

Tables rondes de la journée technique « Des vieux arbres pour l’avenir de nos territoires en Occitanie », organisées par Neo et Arbre paysage 32, en accès libre.

Radio Zinzine. Alternatives forestières à Alterlandes, 1re partie (Entre cimes et racines n° 30) 2me partie (Entre cimes et racines n° 31)